Devenir Cité de l’Energie, pourquoi faire?

Un label Cité de l’Energie bientôt pour Crans-Montana? Les six communes y travaillent! L’état des lieux est maintenant terminé, nous comptabilisons le nombre de points minimum exigé (quelques un en plus…). Il s’agit maintenant d’établir une Politique énergétique et de proposer des actions concrètes. En attendant, essayons de voir en quoi il peut être intéressant pour Crans-Montana de devenir une Cité de l’Energie, au moment où a lieu à Fribourg le salon Energissima.
Un label Cité de l’Energie bientôt pour Crans-Montana? Les six communes y travaillent! L’état des lieux est maintenant terminé, nous comptabilisons le nombre de points minimum exigé (quelques un en plus…). Il s’agit maintenant d’établir une Politique énergétique et de proposer des actions concrètes. En attendant, essayons de voir en quoi il peut être intéressant pour Crans-Montana de devenir une Cité de l’Energie, au moment où a lieu à Fribourg le salon Energissima.

Qu’est-ce que cela signifie pour Crans-Montana d’être labellisé?
Question posée à Géo Rey qui pilote le groupe de travail concerné, au sein du Plan directeur intercommunal (PDI).
«Cela signifie d’abord avoir un politique énergétique intercommunale durable (les communes décident de leur avenir); cela veut dire ensuite réduire les dépenses énergétiques des nos six communes, augmenter le volume de travail des entreprises locales, il s’agit aussi pour les municipalités, de montrer l’exemple aux privés, de les informer des dernières technologies énergétiques en matière de chauffage et d’écologie.»

 


150 en Suisse actuellement
Sonia Morand, conseillère Cité de l’Énergie au sein du groupe de travail, complète: «Le label a aussi un effet de stimulation technologiques et économiques pour les entreprises: la recherche en technologie énergétique, par exemple pour les panneaux solaires, bouge beaucoup en ce moment.» Il y a aussi l’argument inhérent au développement durable, soit la volonté d’agir aujourd’hui de façon responsable en pensant aux générations futures.
 

«Etre labellisé, c’est aussi pouvoir échanger des expériences avec d’autres Cités de l’Energie: il y en a actuellement 150 en Suisse, correspondant au tiers de la population de notre pays», précise Géo Rey.

Six pour un
Le label est dont prétexte à aller de l’avant. Le poser sur Crans-Montana (et non pour chaque commune individuellement) est une manière de globaliser la politique énergétique locale et d’en faire un objectif commun de nos six territoires. Et pas seulement sur la station.

Berne ne faisant rien, allons y dans les communes!
«L’avenir énergétique de notre pays est une des principales préoccupations des citoyens, constate Géo Rey, au même titre que le plein emploi qui, d’ailleurs, lui est fortement lié. Actuellement, les politiques n’ont pas encore réussi à se mettre d’accord sur la manière d’améliorer l’efficacité énergétique, de promouvoir les énergies renouvelables et de réaliser les objectifs climatiques (CO2)». Voici ce qu’en disait Philippe Roch, président de l’association Cité de l’Energie, c’était en avril dernier lors de l’assemblée annuelle: «Au vu de cette situation, le programme Cité de l’énergie est plus actuel que jamais, car nous ne pouvons pas compter sur les autorités politiques nationales pour créer suffisamment tôt une nouvelle politique énergétique. Alors faisons-le nous-mêmes, au niveau des plus petites entités politiques, les plus démocratiques de notre pays, en appliquant les meilleures technologies disponibles, et en abandonnant certains comportements gaspilleurs au profit d’un style de vie plus responsable. C’est une belle occasion pour les communes de démontrer leur importance en prenant leurs responsabilités, et de démontrer qu’un programme énergique progressif, avec la vision à moyen terme d’une société à 2000W, est non seulement possible, mais qu’elle crée des emplois et beaucoup de bonheur. (…) La politique finira bien par suivre ces citoyennes, ces citoyens et ces autorités communales progressistes», déclarait l’ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement.

Reconnu au plan européen
Le label qui n’était, à son lancement en 1988, qu’une idée lancée par des organisations environnementales dans un jardin zurichois, est devenu le programme le plus efficace pour la protection du climat. Il a aussi pris une dimension européenne sous la forme de l’EEA, class="fliesstextspan"> «European Energy Award».

«Important pour l’image de Crans-Montana»
Le fait que ce label soit reconnu au-delà de nos frontières est un atout pour notre région touristique: «cela permettra de renforcer et améliorer l’image de marque de la station de Crans-Montana», indique Géo Rey. Une affirmation que ne contredit pas Crans-Montana Tourisme. Xavier Bianco, responsable du département marketing-communication de CMT: «Un label de ce genre est important. Mais il doit être lié à toutes les démarches faites au niveau du Plan directeur intercommunal (PDI), notamment celles concernant la canalisation du trafic. Cela doit vraiment être envisagé dans une démarche globale pertinente.»

Xavier Bianco voit évidemment bien quels développements on pourra imaginer au niveau du marketing. Se basant notamment sur l’Etude sur la valeur ajoutée du tourisme en Valais parue en 2001 (on en trouve le résumé ici), il nous rappelle ce que les vacanciers disent venir chercher dans notre canton:
 

  1. Beauté du paysage (95%)
  2. Air pur (94%)
  3. Nature intacte (93%)
  4. Lieux publics attractifs (87%)
  5. Stations sans voitures (86%)
  6. Villages authentiques (82%)

 
Des consommateurs toujours attentifs
«De plus en plus de personnes sont sensibles à l’écologie et les grandes entreprises du secteur privé l’ont bien compris car elles investissent énormément afin de pouvoir être le plus écologique possible et l’utiliser dans leur communication», fait remarquer Xavier Bianco. Exactement ce que pourra faire Crans-Montana. Sonia Morand souligne que toutes les stations touristiques alpines suisses labellisées sont mentionnées sur le site d’aide aux consommateurs www.topten.ch (dans les buts d’excursions). Si on prend l’exemple de Reka (qui vend un des deux villages virtuels à Crans-Montana), on sait que ce tour opérateur tient compte de l’attente de sa clientèle qui cherche des vacances respectueuses de l’environnement: dans le catalogue du tour opérateur, on trouve donc deux villages qui respectent les normes Minergie. On pourrait imaginer que le label Cité de l’Energie soit un jour recherché par les vendeurs de vacances.
 

D’autres stations sont labellisées
Plusieurs stations affichent déjà le label. St-Moritz a su faire valoir sa labellisation dans la presse; Saas-Fee a organisé une semaine de l’énergie au moment de la labellisation, faisant également parler de l’événement dans les médias; Les Diablerets et Leysin ont annoncé publiquement vouloir entamer les démarches (mais selon Sonia Morand rien de concret n’a encore été fait); plus proche de nous, Ayent est labellisé. Nos voisins de l’ouest ont décidé de donner plus d’associer leur label à la station touristique, on parlera donc désormais de Ayent / Anzère Cité de l’Energie.

Anzère sais se profiler…
La Commune d’Ayent tire profit de son label. Nos voisins ont par exemple pris part à un projet Interreg (Rêve Jura Léman) qui a développé le label EEA en France. Cette expérimentation réussie débouche aujourd’hui sur une diffusion élargie du label et de sa méthode auprès des communes et agglomérations françaises, sous l’appellation de Cit’ergie. A chacune des rencontres de ce projet, la station d’Anzère a été présentée. La clôture de l’événement a d’ailleurs eu lieu à Anzère, les 10 et 11 janvier derniers. Lors des trois rencontres à laquelle la Commune d’Ayent a participé, sur le plan européen, à chaque fois la station a été mise en avant. «Depuis la réalisation du Plan communal de l’énergie, qui a initié le label Cité de l’Energie, plusieurs actions sont projetées, notamment la réalisation d’un chauffage à bois à distance qui chaufferait 800 appartements au sein du village d’Anzère», indique Sonia Morand qui a récolté ces informations à la source, en l’occurrence le service technique de la Commune.

Energissima, c’est en ce moment
Lors du salon Energissima de l’an dernier, Ayent avait présenté son "Règlement d’utilisation rationnelle de l’énergie et promotions des énergies renouvelables". Le salon des énergies renouvelables et technologies nouvelles a lieu justement en ce moment même à Fribourg (jusqu’à dimanche) et une délégation du PDI de Crans-Montana s’y rend demain vendredi. (plus d’infos sur le salon ici).

Fédérer nos démarches
«Ce label peut fédérer toutes les démarches liées au développement durable et les représenter en une image unique», estime Sonia Morand. Pour Géo Rey, le label permettra à Crans-Montana de donner l’image d’une région moderne, «en cinq mots: une meilleure qualité de vie».

Bon score pour la Mobilité
On vous le disait tout là-haut: l’état des lieux est maintenant terminé dans nos six communes. Le questionnaire ad-hoc (des mesures prises et celles pouvant être prises dans le futur) est rempli. Le tableau ci-dessous montre que nous avons passé la barre des 50 points (minimum exigé). Relevons au passage le bon score du chapitre «Mobilité», cela est dû aux travaux du PAES, au Plan sectoriel de Mobilité qui en a découlé et à sa concrétisation.

 

 

Qu’a-t-on déjà fait chez nous?
Jetons un coup d’œil sur des actions déjà concrètes au niveau des municipalités, actions qui ont fait gagner des points précieux:
 

  1. Randogne-Mollens: Centre scolaire 25 m2 de panneaux solaire
  2. Montana:  Eglise 75 m2 de capteurs solaires, gaz en appoint
  3. Montana: Ecole de Corin assainissement, géothermie, label Minergie
  4. Chermignon: Centre des Martelles : chaufferie au bois, label Minergie
  5. Lens: Ecole de Flanthey 15,5 m2 de panneaux solaires, label Minergie
  6. Icogne: Règlement pour la promotion des énergies renouvelables
  7. Six communes: Règlement pour le développement durable (rédigé en marge du RQC et mis en application prochaine)

 
Ce n’est pas pour la vie!
Si Crans-Montana obtient le label, il faut savoir que ce ne sera pas acquis pour toujours! Un contrôle annuel est effectué par le conseiller Cité de l’énergie. Cela débouche sur la confirmation des anciens objectifs, sur l’établissement des nouveaux objectifs et des nouvelles actions. Tous les quatre ans, les actions de politique énergétique sont réexaminées par la commission du label.

Qui consomme le moins économise le plus
Terminons par une idée ludique mise en œuvre par d’autres communes et qui pourrait, chez nous, être appliquée: une photographie précise de la consommation énergétique de chaque administration communale pourrait être faite à une période donnée, suivie d’une sensibilisation des employés aux économies possibles. Le tout se terminerait par un concours entre les six, pour voir qui, à l’arrivée, a le plus économisé!