Que font nos jeunes après l'école?

Un soir, dans un bar de Crans-Montana. Il est tard. L’heure où normalement à cet âge on est à la maison. Les jeunes boivent quelques bières, jouent tranquillement au billard. "Si je ne les laisse pas rester, où iront-ils…", répond le tenancier de l’établissement à celui qui s’étonne de voir ces jeunes clients. "Ceux qui, dans leur commune, s’occupent du Tribunal de police, voient passer des amendes données à des jeunes qui sont dehors au milieu de la nuit", indique Jean-Claude Savoy, conseiller municipal. Il n’est pas rare de voir des élèves du cycle d’orientation rentrer chez eux à 4 heure du mat’ !

Un soir, dans un bar de Crans-Montana. Il est tard. L’heure où normalement à cet âge on est à la maison. Les jeunes boivent quelques bières, jouent tranquillement au billard. "Si je ne les laisse pas rester, où iront-ils…", répond le tenancier de l’établissement à celui qui s’étonne de voir ces jeunes clients. "Ceux qui, dans leur commune, s’occupent du Tribunal de police, voient passer des amendes données à des jeunes qui sont dehors au milieu de la nuit", indique Jean-Claude Savoy, conseiller municipal. Il n’est pas rare de voir des élèves du cycle d’orientation rentrer chez eux à 4 heure du mat’ !




Il y a urgence! C’est l’avis d’un élu, émis lors de la rencontre au Centre scolaire jeudi dernier avec Paul Burgener, délégué à la Jeunesse du canton du Valais. Il était venu parler aux professeurs et quelques élus.

Qui n’a pas rencontré un ado dans les rues, les bistrots, tard dans la nuit, parfois même au petit matin? Que font les jeunes de Crans-Montana en-dehors des heures d’école? Pourquoi le délégué à la jeunesse du canton ne voit arriver sur son bureau que peu, voire aucun projet émanant de jeunes du Haut-Plateau? "C’est pour moi un souci", déclarait ce soir-là Paul Burgener.

Que proposer aux jeunes?

Paul Burgener a présenté aux enseignants vendredi passé toute la palette de solutions que mettent en place d’autres régions pour les jeunes. "Il faut inciter les jeunes à passer plus de temps dans des loisirs", déclare Paul Burgener. Il y a quelques décennies, les ski-clubs, fanfares et autres groupements attiraient les jeunes, les "canalisaient". Aujourd’hui, et plus particulièrement les jeunes issus d’autres cultures, ne se sentent pas forcément attirés par ces activités. Il faut leur permettre de trouver autre chose, de s’occuper autrement, en dehors des heures d’école. "L’engagement d’un animateur socioculturel et la mise en place des moyens pour lui permettre de travailler, c’est un investissement annuel de 100’000 francs", indique Paul Burgener.

Faut-il un centre de loisirs à Crans-Montana comme on en voit en ville de Sion, Sierre et dans bien d’autres lieux? Un simple lieu de rencontre? Un animateur hors murs?


Y a-t-il vraiment une volonté politique d’offrir quelque chose à la jeunesse, demandait vendredi dernier un enseignant, un peu sceptique.



Jeunes gens: envoyez vos projets!

Monter un projet (un cours de danse hip-hop, l’enregistrement d’un CD musical, un concert, un un festival de graffitis, etc..) est déjà une première étape intéressante et formatrice. Le rôle de Paul Burgener, c’est justement d’aider les jeunes à monter un dossier et d’aider à la réalisation de leur projet. Le délégué à la jeunesse a même une enveloppe de 250’000 francs par an à distribuer (maximum 10’000 francs par projet). Mais attention, ces projets doivent être ceux des jeunes, pas des parents ou des profs!


"Je peux venir à 16 heures à la fin des cours rencontrer les jeunes qui manifesteraient un intérêt, juste pour les informer, présenter ce que fait le Service cantonale de la jeunesse; je peux me déplacer même pour 2 ou 3 personnes", assure Paul Burgener qui demande aux jeunes de le contacter, par le biais de leur prof ou directement (coordonnées ci-après).


En quoi est-il intéressant que des jeunes se lancent dans un projet? "En les coachant, on enseigne aux jeunes à gérer le projet, de sa conception, son financement, son organisation…." Une manière d’acquérir des compétences très utiles pour la vie professionnelle, une façon de stimuler la créativité de jeunes."

Pour bénéficier du coaching du Service de la jeunesse, il faut remplir plusieurs conditions:

  • avoir entre 12 et 25 ans
  • que ce soit un engagement extra-scolaire
  • que les jeunes soient le moteur du projet
  • qu’un dossier complet soit soumis au service de M. Burgener



"Je suis là pour aider à monter ce dossier, à prendre contact avec les autorités pour les autorisations, aide de financement, etc… Il ne faut pas hésiter à m’appeler", répète Paul Burgener.



Plus facile à bétonner que soutenir la jeunesse, vrai ou faux?

Au terme de la réunion au centre scolaire vendredi, un participant glissait qu’il était souvent plus facile de voter des crédits pour goudronner une route que pour la culture ou la jeunesse.

Qui est prêt à parier qu’on peut faire mentir ce constat?
Et vous, jeunes et moins jeunes, que pensez-vous de tout cela?
En fait-on assez pour les jeunes habitants de Crans-Montana et environs?



Quelques infos pratiques:

  • Le site du Service cantonale de la jeunesse :www.j4u.ch
  • Le téléphone de Paul Burgener: 027 606 12 25
  • Son e-mail: paul.burgener@admin.vs.ch