Crans-sur-Sierre, c'est plus chic?

Revue de presse – Le promoteur et agent immobilier Gaston Barras se bat contre la disparition de Crans-sur-Sierre. Il explique sont point de vue dans Le Nouvelliste d’aujourd’hui.

Revue de presse – Le promoteur et agent immobilier Gaston Barras se bat contre la disparition de Crans-sur-Sierre. Il explique sont point de vue dans Le Nouvelliste d’aujourd’hui.



Pourquoi vous battez-vous pour conserver le nom de Crans-sur-Sierre?

Pour faire respecter les statuts de Crans-Montana Tourisme (CMT), tout simplement! J’ai convaincu mes amis de Crans de dire oui à la fusion des sociétés de développement, en leur garantissant que chacune des stations serait défendue. C’est ce que prévoient les statuts, mais ce qui n’est pas fait.

Votre combat ne s’arrête pourtant pas à des statuts!

C’est une question de marketing. Montana est devenue une station populaire, dans le sens qu’elle n’attire plus la clientèle de haut standing. Par contre, la clientèle top vient du côté de Crans-sur-Sierre. Ceci dit, je n’ai rien contre Montana. Je ne dis pas de mal de l’endroit où je suis né. Mais il faut tenir compte de la réalité et constater que Crans et Montana n’attirent pas les mêmes clientèles.

Crans-Montana reste un nom très connu.

Oui, mais par qui? Crans-Montana est la région qui va de la Lienne à la Raspille. Elle existe. C’est bien. Mais ça n’empêche pas de faire exister également chacune des stations. Dans la revue que j’ai lancée il y a vingt-cinq ans, «La Vie à Crans», j’utilise le logo Crans-Montana, en grand, avec au-dessous, en plus petit, les noms de Crans-sur-Sierre, Montana et Aminona. Tout le monde y trouve son compte.

On vous reproche volontiers d’avoir mené une politique qui se traduit maintenant par une multiplication de volets clos.

(Il montre la photo d’un chalet) Vous voyez ce chalet aux volets clos? Il rapporte 450 000 francs d’impôts par an à la commune sur laquelle il est construit, grâce à la domiciliation des propriétaires. Eux ne coûtent rien à la collectivité et ils dépensent dans les commerces locaux. J’ai toujours pensé qu’un franc apporté dans la caisse de la collectivité par un étranger c’est un franc que les contribuables locaux n’ont pas à verser.

Mais à long terme, est-ce une politique réaliste de privilégier une telle clientèle?

Celui qui est propriétaire est attaché à un lieu. Par exemple, une famille qui m’a acheté un appartement en 1963 a amené sur le Haut-Plateau plus de 450 personnes. Ce sont de vrais ambassadeurs de la région. Autre exemple. L’an dernier, à Pâques, en raison du manque de neige, mon agence n’a enregistré que neuf locations. Par contre, 384 propriétaires sont venus…

Malgré ce que vous dites, les remontées mécaniques du Haut-Plateau ont connu passablement de difficultés. Votre solution ne semble pas idéale pour tout le monde.

Ces problèmes sont en train de se résoudre… Mais c’est vrai qu’il peut y avoir un conflit de clientèle. Les remontées mécaniques ont besoin de nombreux clients pour faire tourner leurs installations. Par contre, l’économie régionale a tout avantage à attirer des personnes plus fortunées. En ciblant la publicité sur Crans-Montana, on se prive d’une partie de nos clients. En ajoutant le nom de Crans-sur- Sierre, on touche toutes les clientèles, parce que Crans-sur-Sierre c’est plus chic.

  • Propos recueillis par Jean-Yves Gabbud et parus aujourd’hui dans Le Nouvelliste.