Pas assez d'argent pour la promotion de Crans-Montana

Jeudi les membres de Crans-Montana Tourisme ont accepté à l’unanimité un budget pour l’exercice 2007/2008 qui devrait boucler dans les chiffres noirs. Mais la part dévolue au marketing a été considérée vraiment inférieure à ce qu’elle devrait être idéalement. Compte-rendu de l’assemblée ci-après.

Jeudi les membres de Crans-Montana Tourisme ont accepté à l’unanimité un budget pour l’exercice 2007/2008 qui devrait boucler dans les chiffres noirs. Mais la part dévolue au marketing a été considérée vraiment inférieure à ce qu’elle devrait être idéalement. Compte-rendu de l’assemblée ci-après.


Les charges pour l’exercice 2007/2008 vont s’élever, selon le budget présenté jeudi soir, à 6’108’725 francs. Une hausse de près de 500’000 francs par rapport au budget 06/07. Mais les prévisions n’annoncent pas de déficit. A relever que le Régent, désormais intégré au budget de CMT, contribue à cette hausse; d’autre part la fermeture de plusieurs hôtels diminue les rentrées d’argent.

Du côté des produits, la taxe de promotion touristique (TPT) correspond à 21% du total, la taxe de séjour (TS) à 51%, les communes par le biais de l’association contribue au 11% des rentrées d’argent et le Régent à 10%. Le graphique ci-après résume bien la situation.

 

Si les membres présents ont accepté à l’unanimité le budget présenté, certaines questions ont été posées. Notamment l’incertitude liée à une rumeur qui dit que CMA, la société de remontées mécaniques, ne versera pas les 150’000 francs attendus. «Nous n’avons encore aucune réponse officielle de CMA, a souligné le président de CMT Hubert Bonvin. L’an passé, la société nous a versé 100’000 francs, expliquant que cette réduction était en relation avec la très mauvaise saison d’hiver. Si CMA ne devait pas verser cette année cette somme, cela réduirait d’autant le budget marketing de CMT.»

 
Seulement 20% pour
le marketing et la communication

La part dévolue au marketing justement a suscité quelques inquiétudes. Le nouveau directeur n’a pas caché que, dans un budget idéal, c’est 60% qui devrait être consacré au marketing. Or, Crans-Montana ne peut y consacrer que 13%. Dominique Fumeaux a précisé qu’il faut y ajouter le budget de la communication pour être plus juste (7%). Dans les faits, d’ailleurs, la communication dépendra désormais du nouveau responsable marketing, Xavier Bianco, qui entrera en fonction au 1er janvier prochain.

 
«Un paradoxe!»

Crans-Montana communique clairement par le biais des événements qui s’y déroulent. C’est un choix, dicté par l’enveloppe marketing franchement  mince, mais aussi par les compétences et les moyens dont disposent ces événements d’envergure nationale et internationale. Mais le budget de CMT, a souligné Hubert Bonvin, ne permet pas d’accomplir tout ce qui est demandé à l’institution touristique. «C’est là le paradoxe.» Dominique Fumeaux va dans le même sens: «Les recettes qu’on nous attribue sont limitées à un certain point, mais les tâches qu’on nous demande d’accomplir sont assez vastes.» La mission essentielle d’une société de développement, souligne le directeur, est le marketing. Quelle solution existe alors pour Crans-Montana? «Soit on diminue les missions attribuées, soit on demande plus d’argent à ceux qui en ont…»

 
Augmenter les recettes du Régent

Le président de Montana Francis Tapparel a tenu à rappeler que les communes investissent déjà pas mal pour le bon développement du tourisme. «Nous avons investi 4 millions de francs pour les pistes de ski, l’eau donnée pour l’enneigement artificiel correspond à 400’000 francs, nous versons 2 millions de subventions pour les événements…» Si le centre de congrès le Régent coûte trop, une des solutions doit être l’augmentation des recettes. Rappelons que le coût du Régent est de 1,2 million de francs et qu’il amène de recettes à hauteur de 700’000 francs. Le cash versé par l’Association des communes sert donc en partie à couvrir la différence, alors que cet argent serait bien utile au marketing.

 
Une ou trois stations
sur le Haut-Plateau?

On passera rapidement sur les «Divers». Béatrice de Courten a signalé son incompréhension de ne pas voir les instances politiques et touristiques profiter de l’impact que pourrait avoir une installation permettant de proposer aux hôtes de pratiquer du ski nautique l’été, le ski joring l’hiver. «Dire que le ski nautique est secondaire, c’est comme de dire que le golf est secondaire pour Crans-Montana».

Ensuite, Gaston Barras a reproché à Crans-Montana Tourisme de ne pas respecter les statuts en effaçant de sa promotion les noms des stations de Crans-sur-Sierre, Montana et Aminona. Si le virage ne devait pas être pris dans ce sens, il a annoncé vouloir créer une structure indépendante de Crans-Montana Tourisme. Jean-Claude Savoy, le président de l’Assemblée des délégués de l’Association de communes, a rappelé que la population a massivement voté la création de cette structure intercommunale qui gomme les limites géographiques dans la station pour, justement, rendre plus cohérent le travail de développement de notre région touristique. En résumé: ce serait un pas en arrière que
de reparler de Crans-sur-Sierre d’une part, Montana de l’autre et Aminona là-bas. Une réflexion fortement applaudie par la salle.