«Crans-Montana, une des plus grandes valeurs touristiques du Valais»

Revue de presse - Dominique Fumeaux a donné une longue et très intéressante interview au jds. Le journal – qui précise que, dès le 18 janvier, il deviendra un gratuit distribué deux fois par mois – nous apprend que le nouveau directeur de Crans-Montana Tourisme entend dynamiser le «vaisseau touristique du Haut-Plateau».

Revue de presse - Dominique Fumeaux a donné une longue et très intéressante interview au jds. Le journal – qui précise que, dès le 18 janvier, il deviendra un gratuit distribué deux fois par mois – nous apprend que le nouveau directeur de Crans-Montana Tourisme entend dynamiser le «vaisseau touristique du Haut-Plateau».



Une interview réalisée par Bertrand Crittin

Il a emménagé à deux pas du Casino. On espère que cela lui portera chance. Dominique Fumeaux est le nouveau directeur de Crans-Montana Tourisme (CMT). Il succède à la météorite Alain Barbey, responsable éclair qui sera resté une année sur le Haut-Plateau, avant de répondre à l’appel du pied de Cisalpino. Le Bagnard bon teint, 36 ans, entend bien durer plus longtemps en poste. «Il faut un minimum de 3 à 5 ans pour atteindre les objectifs fixés. Sinon, le délai est trop court. On l’a vu avec l’expérience insuffisante d’Alain Barbey. Plus important, le directeur est là pour faire progresser l’entreprise», affirme Dominique Fumeaux. Ce dernier a œuvré durant 4 ans au Pays du Saint-Bernard. Une expérience professionnelle particulière, puisqu’il a participé à la mise en place des structures de cette région, à la fusion des SD, au rapprochement des bureaux touristiques, travaillant avec trois commune. La page, aujourd’hui, est tournée. Depuis début novembre, le directeur a le regard à 100% tourné sur Crans-Montana.

Crans-Montana, le nom est-il toujours attirant?

Oui. Crans-Montana est un nom qui a des connotations positives. Que l’on pense simplement à son climat ou à son panorama. Ça fait écho au niveau du tourisme. La station dispose d’un gros potentiel, les services et les activités sont nombreux. Maintenant, les stations suivent des cycles de performance. On n’échappe pas aux remarques négatives. Mais je suis convaincu que Crans-Montana est l’une des plus grandes valeurs touristiques du Valais.

Comment retrouver les premières places auxquelles aspire Crans-Montana?

Je pense qu’il est question de générations dans le tourisme. A un moment donné, la clientèle arrive à son top, avant de décroître. Crans-Montana est-elle au sommet de ce qu’elle peut obtenir aujourd’hui? Non. Les conditions ont changé, de nouveaux défis sont à relever. L’image de la station doit être restaurée, rajeunie, dynamisée. Revenons sur l’événementiel. Crans-Montana bouge, elle ne s’assied pas sur ses acquis. Elle a des arguments toujours valables (air, repos, calme), mais la vie existe aussi. Nous n’avons pas assez communiqué dans ce sens ou alors d’autres, ailleurs, ont mieux communiqué que nous.

Concrètement, comment allez-vous procéder?

Nous avons clairement défini notre stratégie marketing. Nous communiquons par le biais des grands événements. Nous l’avons fait par exemple cette année avec le Tour de Suisse. CMT soutient ces événements, ils ont pour fonction d’apporter notoriété et visibilité à Crans-Montana. En finalité, on doit toucher le client.

Quel héritage vous a laissé Alain Barbey?

Le rajeunissement de l’image de Crans-Montana a été initié par mon prédécesseur, et même un peu avant. Il va falloir maintenant travailler pour intégrer cette image, à travers des stratégies marketing choisies. Nous allons dans un sens clairement établi. Nous n’allons pas pour autant occulter les valeurs sûres, haut de gamme, de Crans-Montana.

Il y a eu des mouvements suite au départ d’Alain Barbey, notamment la responsable marketing, le responsable de la communication Jörg Romang. Votre objectif est de stabiliser le personnel?

De l’extérieur, on ne peut pas dire qu’il se dégageait une sérénité à CMT. Nous sommes dans une grande structure. Ce devrait être un gage de stabilité au niveau du personnel. Ce n’était pas le cas des derniers temps. La mise en place d’une structure interne, pour travailler sereinement et ressouder les liens à l’extérieur du groupe, est importante. Et faire en sorte qu’il suive la direction que l’on prise. Je crois que les mouvements sont inhérents aux changements de structures. On doit vivre avec cela.

Retrouver un responsable de la communication est essentiel?

On tire les conséquences de ce que l’on a observé. On doit être moins cloisonné. Les secteurs marketing et communication seront réorganisés et travailleront ensemble. On engagera des personnes issues de la presse, de la communication en général.

En quoi votre expérience au Pays du Saint-Bernard vous sera utile?

Fondamentalement, il y a des points de ressemblance. De nombreux acteurs sont impliqués dans le tourisme et les processus décisionnels (communes, remontées mécaniques, prestataires). Tout le monde a un avis sur le tourisme. J’utiliserai mon expérience, notamment dans mes relations avec les communes. Je connais la gestion d’une région. Crans-Montana est une, à plus grande échelle. Il existe toujours des craintes de territorialité lorsque l’on entre dans des structures plus grandes. On doit rassurer les gens, la pensée des intérêts doit être globale. C’est quelque chose que l’on vit ici depuis plusieurs années.

Comment allez-vous gérer les critiques et les pressions que ne manqueront pas?

J’exerce un métier public et exposé. Satisfaire l’ensemble des gens concernés par le tourisme, c’est impossible. On ne peut pas. Ils ont des intérêts divergents et pas au même instant. Nous sommes nécessairement critiqués à un moment donné. Il n’y a pas de secret. Il faut définir une politique claire, des objectifs à atteindre. Si l’on sait où l’on va, il n’y a aura pas de soucis. On demande à être jugé sur nos objectifs. La crédibilité d’une entreprise passe par une politique cohérente. La future loi sur le tourisme délimitera un cadre clair concernant les missions des offices du tourisme. J’en attends beaucoup. Nous n’avons pas le produit touristique en mains. Nous sommes au service de la station pour porter son image.

Par le biais de Valais Tourisme, une grande action promotionnelle est organisée dans toute la Suisse allemande. Vous recentrez vos marchés pour attirer les touristes?

Il existe des marchés prioritaires. La proximité géographique, donc la Suisse allemande, est un marché prioritaire. Ce n’est pas nouveau, mais certaines conditions cadres changent. L’ouverture du Lötschberg en est clairement une. Nous saisissons les opportunités qui se présentent, sans délaisser pour autant des marchés plus lointains. Nous ne pouvons simplement pas aller chercher des touristes partout avec nos moyens marketing limités. Nous nous concentrons sur les marchés qui ont le plus de potentiel.

Quelles conséquences aura le Lötschberg pour Crans-Montana?

C’est un fait: la Suisse allemande sera plus proche de Crans-Montana en termes de transports publics. Est-ce que cela va changer l’attitude des touristes alémaniques? Je n’ai pas la réponse. Mais c’est clairement une barrière en moins. Crans-Montana devrait être une station gagnante avec l’ouverture du tunnel. L’impact, je le mesure difficilement. Valais Tourisme a entrepris des études. J’espère qu’ils ne se sont pas trompés dans les chiffres.

Source : Journal de Sierre (jds)