Et si Courbet avait été l'ami de Farinet?

Nadia Rottger vit à Crans-Montana. Mais c’est à Saillon que l’idée d’une livre sur Courbet lui est venue, alors qu’elle y visitait une exposition. Passionnée d’art et professionnelle en la matière, elle a confié le sujet à sa sœur. Au moment où Paris expose une importante rétrospective du peintre, le livre imaginé vient de paraître. Il nous parle de Courbet l’insoumis, un Courbet qui aurait rencontré Farinet, notre faux-monnayeur valaisan.

Nadia Rottger vit à Crans-Montana. Mais c’est à Saillon que l’idée d’une livre sur Courbet lui est venue, alors qu’elle y visitait une exposition. Passionnée d’art et professionnelle en la matière, elle a confié le sujet à sa sœur. Au moment où Paris expose une importante rétrospective du peintre, le livre imaginé vient de paraître. Il nous parle de Courbet l’insoumis, un Courbet qui aurait rencontré Farinet, notre faux-monnayeur valaisan.




«Grâce à mon jeune ami Farinet dont je vous ai déjà entretenu, j’ai enfin trouvé le lieu correspondant à mon appétit d’ogre. Je vais peindre des géants! Ne souriez pas! Le lieu est magique et m’inspire déjà», écrit Courbet à la duchesse de Castiglione, alias Marcello. L’artiste installe son chevalet, près de la source des bains de Saillon. Il se met à peindre une toile devenue célèbre: La Caverne des géants.

Courbet est en exil. A Paris, on a perdu sa trace. Suite aux événements de la Commune qui l’ont conduit jusqu’au procès, le peintre a été spolié de ses biens. Durant trois mois de l’année 1873, il vite retiré, en Valais. Une terre d’accueil où il retrouve – enfin – le plaisir de peindre. Que La Caverne des géants ait disparu de façon inexpliquée jusqu’en 1977, c’est un fait avéré. Que Courbet et Farinet se soient rencontrés en Valais, c’est le fruit de l’imagination romanesque d’Annabelle Cayrol (sœur de Nadia Rottger) et Josyane Chevalley (que vous lisez régulièrement dans La Vie à Crans-Montana). L’une vit à Paris, l’autre en Valais: les deux pays qui se retrouvent dans leur roman. Dans ce livre qu’elles ont écrit ensemble, le peintre et le faux-monnayeur épris de liberté se lient d’amitié. Peut-être bien, dans le fond, qu’ils se connaissaient: ce roman «docu-fiction» nous donne vraiment envie de croire.

Un court extrait:


(…) il ôte le tissu, déshabille la toile et l’expose soudain aux regards de ses amis.
– Elle est absolument extraordinaire, la Caverne aux géants, c’est incroyable! s’exclame Catherine.
Farinet pose le violon. Il scrute la toile et reste de longues secondes silencieux.
– On dirait une femme, Courbet! Humide, ouverte, perdue et cachée, vêtue de vert, de brun!
– En tout cas, je l’aime comme une femme! répond-il en riant, heureux de l’effet produit. J’ai bien travaillé, dit-il modestement.
– Qui sont ces deux personnages: l’homme au chapeau qui porte un barda sur le dos et la femme à l’ombrelle qui traverse la passerelle ? demande Farinet.
– Devine, mon ami

Alors qu’au Grand-Palais à Paris a lieu une importante rétrospective du peintre (la TSR nous en parlait depuis Paris ce midi), le Valais, grâce à l’imagination de deux romancières, rappelle que c’est là, durant cet exil, que Courbet a peint plusieurs toiles. Le roman nous emmène dans un voyage plein de sensualité, au cœur des passions du XIXe siècle, qu’elles soient politiques, artistiques ou amoureuses.


Annabelle Cayrol et Pascal Thurre (celui qui fait vivre le mythe du faux-monnayeur valaisan): ils sont sous la chute d’eau près de la caverne des géants où s’est baigné Courbet.


Ci-dessus, le catalogue de l’exposition
(cliquez sur l’image pour plus de détails)

  • COURBET L’INSOUMIS, Annabelle Cayrol et Josyane Chevallay, éditions Jacob-Duvernet, Paris. ISBN 978-2-84724-172-3