Pénurie de policiers!

Revue de presse – Les communes éprouvent de plus en plus de peine à trouver des agents de police, nous apprend ce samedi Jean-Yves Gabbud dans Le Nouvelliste. Elles arrivent même à débaucher les employés de leurs voisines: Crans-Montana en a piqué deux à Ayent, mais s’est fait prendre un par Sion…

Revue de presse – Les communes éprouvent de plus en plus de peine à trouver des agents de police, nous apprend ce samedi Jean-Yves Gabbud dans Le Nouvelliste. Elles arrivent même à débaucher les employés de leurs voisines: Crans-Montana en a piqué deux à Ayent, mais s’est fait prendre un par Sion…



«En deux ans, nous n’avons disposé de l’effectif complet de nos agents que durant deux mois», signale au Nouvelliste David Bagnoud, conseiller communal à Lens. Le président de l’Association des polices intercommunales de Crans-Montana a affronté de nombreux soucis, comme plusieurs de ses homologues. «C’est devenu tellement difficile de trouver des agents que les communes commencent à se les piquer. Sion nous en a pris un et nous en avons pris deux à Ayent. On n’arrête pas de mettre des annonces pour recruter. Deux agents qui entrent en fonction viennent de l’extérieur du canton. C’est dire…»

Si ce genre de difficultés ne sont pas systématiques, écrit Jean-Yves Gabbud, Ayent ayant recruté un agent sans problème, d’autres régions ont connu des situations difficiles. Anniviers, Nendaz. Côté police cantonale, le capitaine Benoît Antille confie au Nouvelliste: «on sent une baisse du vivier disponible». Pierre Theytaz évoque la bonne situation conjoncturelle que nous traversons qui n’incite pas les gens à s’intéresser à la profession de policier.

Crans-Montana est passé de 12 à 17 agents
David Bagnoud ajoute d’autres éléments. «Plusieurs communes ont renforcé l’effectif de leur police. Par exemple, à Crans- Montana nous sommes passés de 12 à 17. En même temps, la formation des gardes-frontière n’est plus reconnue comme équivalente à celle des policiers.» C’est là le coeur du problème, comme le précise le capitaine Benoît Antille. «Depuis quelques années, la profession de policier est reconnue, avec un diplôme attestant d’une formation. Pour les polices cantonales et municipales valaisannes cette formation s’effectue à Savatan. D’autres formations peuvent être reconnues par la commission paritaire mise en place par l’Institut suisse de la police à Neuchâtel.» Pour l’heure, celle de gardes-frontière ne l’est pas.

Une formation coûteuse
Comme il n’est plus possible de prendre un garde-frontière comme policier sans formation supplémentaire, les communes cherchent ailleurs.  Mais il est difficile de trouver des personnes déjà formées. Engager une personne sans diplôme ne résout pas le problème d’effectif comme le souligne le Saviésan Jean-Louis Maillard. «Nous avions un agent et un auxiliaire sans formation. Ce dernier va partir se former. Si nous engageons quelqu’un sans formation, il devra également suivre les cours de l’Académie de police pendant une année et ne sera pas présent sur le terrain, d’où la nécessité d’engager une personne formée.» Cette nouvelle situation a un coût, puisqu’il faut payer une personne pendant une année sans qu’elle soit présente sur place. Le coût est relativement élevé. A titre d’exemple, le salaire brut des aspirants de la police cantonale s’élève à 3805 francs par mois, un montant à multiplier par treize.

La solution
Pour résoudre leurs problèmes d’effectifs, certaines communes acceptent de faire l’effort de la formation. C’est le cas à Crans-Montana. «Tous les deux à trois ans, nous enverrons quelqu’un en formation», précise David Bagnoud. Savièse a choisi une option similaire. Ainsi, au lieu de payer deux policiers, la caisse communale financera les deux agents en activité et l’aspirant en formation.

Source: Le Nouvelliste