Comment planifier la construction dans les stations de montagne

Sept acteurs concernés par l’aménagement du territoire alpin dialoguent autour d’une même table. Modéré par le journaliste Benoît Aymon, ce débat a pour ambition de dégager des solutions pour l’avenir. L’Association ALTITUDE 1400 vous invite à réfléchir à cette question avec sept acteurs de l’aménagement du territoire alpin. C’est jeudi 25 octobre, à 18 heures, aux Halles à Sierre.

Sept acteurs concernés par l’aménagement du territoire alpin dialoguent autour d’une même table. Modéré par le journaliste Benoît Aymon, ce débat a pour ambition de dégager des solutions pour l’avenir. L’Association ALTITUDE 1400 vous invite à réfléchir à cette question avec sept acteurs de l’aménagement du territoire alpin. C’est jeudi 25 octobre, à 18 heures, aux Halles à Sierre.




Y participeront : le conseiller d’Etat Jean-Michel Cina, le président de la commune de Nendaz Francis Dumas, le président central de Patrimoine suisse Philippe Biéler, le président de Valais Tourisme Jérémie Robyr, le professeur à l’Université de Savoie et directeur de la Fondation Braillard Architectes Bruno Vayssière, l’architecte et professeur EPFL Andrea Bassi et l’ancien architecte cantonal Bernard Attinger.


Fièvre immobilière, villes mortes… la montagne aux Urgences

En Valais, près d’une habitation sur deux est une résidence secondaire. Et cette proportion ne
cesse d’augmenter. Dans certains villages de montagne, comme St-Luc, c’est le 80% des logements qui reste inhabité plus de dix mois par année. En l’espace de dix ans, plus de 20’000 nouvelles constructions à « lits froids » ont poussé en Valais. Ce boom immobilier pose différents problèmes : il dope la construction et fait monter les prix de façon disproportionnée dans tout le canton, y-compris en plaine. Les prix flambent, jusqu’à 8000 francs le mètre carré, et les indigènes ne trouvent plus à se loger dans leur propre village. Les travailleurs du tourisme doivent souvent dormir en plaine et remonter chaque matin. Cela augment  les problèmes de circulation autour et dans les stations.

Beaucoup de nuisances, peu de revenus

Les grands gagnants de cette fièvre immobilière sont les promoteurs et les constructeurs. Pour les commerçants et les communes, ce sont de gros manques à gagner. Les lits froids demandent beaucoup d’infrastructures mais ne rapportent pas d’impôts. Ils ne font pas vivre les commerces locaux, car ils ne sont occupés que deux ou trois semaines par an. On assiste à ce qu’on appelle «le mitage du territoire» : pylônes électriques, relais téléphoniques, et étendues de chalets individuels «mitent» et «artificialisent» les sols.

Au final, beaucoup de nuisances, peu de revenus.

Le 19 décembre 2006, l’Etat du Valais a réagi en interdisant la vente de résidences aux étrangers dans sept communes pendant une année : Verbier (Bagnes), Grimentz, Nendaz, Veysonnaz, Hérémence, Riddes et Val d’Illiez.

Que veulent les touristes, et quel tourisme voulons-nous?
On ne peut planifier le territoire alpin sans tenir compte du tourisme. Car c’est au nom du tourisme que nous industrialisons les Alpes. Mais dans le fond, pour quelles raisons les touristes choisissent-ils la destination Valais?

Pour ses 70 ans, Valais Tourisme a demandé à l’Institut Gottlieb Duttweiler de se pencher sur
les «Perspectives d’avenir du Tourisme valaisan». Voici un extrait de la conclusion des auteurs :

«Le Valais doit mettre en évidence ses valeurs, attirer l’attention. (…) L’exutoire à la multitude d’offres de vacances toujours semblables consiste à se focaliser sur la nature plutôt que sur des sites artificiellement construits. Et investir la nature signifie renoncer : moins de routes, moins de voitures, moins d’appartements de vacances et moins de touristes d’un jour augmentent la valeur des ressources élémentaires comme l’eau, le paysage, l’espace, le calme, et améliorent durablement le bien-être et la qualité de vie des Valaisans.»

Que faire après le ski?
La gestion de la destination Valais est au coeur de la réflexion. Faut-il continuer à faire jouer la concurrence des stations, avec le risque que chacune s’équipe d’infrastructures envahissantes? Ou est-il préférable de jouer sur la complémentarité des stations au sein d’une unique destination?

L’avenir du ski est plus qu’incertain. Le réchauffement climatique et le développement du tourisme d’été auront également des conséquences sur l’utilisation du sol alpin. En toile de fond vient également se greffer la question de l’orientation de l’économie valaisanne. En fin de compte, voulons-nous vivre de la construction ou du tourisme ?

Une tour ou cent chalets… Comment planifier la construction?
n>Au-dessus de 1400 mètres d’altitude, on rencontre les mêmes problèmes qu’en ville : extension des zones à bâtir, problèmes d’accès et de circulation, entretien des infrastructures, pollution, etc. Le territoire de montagne doit être géré comme celui de la plaine, et faire l’objet d’une vraie planification. Des villes comme Sierre ou Martigny, avec leurs quelque douze mille habitants, possèdent leurs spécialistes pour aménager le territoire. Alors que les petites communes d’altitude ne disposent d’aucune structure administrative adaptée pour gérer 50’000 lits.

Montagne trop pleine ou trop vide
La Suisse s’urbanise, certaines communes alpines se dépeuplent. Au fond des vallées, loin du bruit des chantiers des grandes stations, des régions se meurent. Exode de la population, fréquentation en baisse, vieillissement des infrastructures et manques d’investissement transforment certains lieux en sanctuaires, prêts à saisir n’importe quelle opportunité pour reprendre vie. Il s’agit de prendre en compte l’ensemble du territoire alpin, et pas uniquement les trois ou quatre grandes stations qui drainent hôtes, capitaux et médias. L’enjeu est de trouver un équilibre harmonieux entre ces pôles (stations) et ces vides (friches).

Questions pour l’avenir du canton du Valais
Aujourd’hui, il s’agit de définir des objectifs à long terme, qui tiennent compte du paysage et du climat. Comment occuper le sol alpin au mieux? Quel genre de constructions pourrait s’imposer? Pour quelle vision touristique Faut-il continuer à grignoter le territoire alpin ou trouver des moyens harmonieux de le densifier? Une réflexion sur l’urbanisation des Alpes s’impose.