Le Temps: Crans-Montana ne veut plus de lits inoccupés

Revue de presse – Laurent Nicolet dans le Temps ce matin tord le cou "aux clichés sur un Valais Clanique et adepte du bulldozer immédiat plutôt que du développement durable."

Revue de presse – Laurent Nicolet dans le Temps ce matin tord le cou "aux clichés sur un Valais Clanique et adepte du bulldozer immédiat plutôt que du développement durable."

Il sera plus difficile désormais d’enfiler les clichés sur un Valais clanique et adepte du bulldozer immédiat plutôt que du développement durable: trois mois après la fusion des communes du val d’Anniviers, deux mois après le moratoire de Jean-Michel Cina sur la vente de résidences secondaires aux étrangers, ce sont aujourd’hui les six communes du Haut-Plateau – Lens, Montana, Icogne, Mollens, Chermignon et Randogne – qui décident, à 74%, d’unir leurs destinées au sein d’une association de communes Et surtout d’accepter, à 70%, un nouveau règlement des constructions, dit des quotas et des contingentements (RQC). Un avenant qui prévoit que 70% des nouvelles constructions devront être consacrées aux résidences principales ou aux surfaces commerciales et que le nombre de mètres carrés constructibles annuellement sera ramené de 14000 m2 à 10000, soit d’une centaine d’appartements à une septantaine.

Un suicide programmé

Les opposants – essentiellement des promoteurs et des architectes emmenés par l’avocat Alain Viscolo – estimaient que le RQC était «un suicide économique programmé» qui allait produire du chômage saisonnier, et «une abondance de résidences principales, certes, mais vides». Des craintes que les citoyens n’ont visiblement pas prises au sérieux: «Il y a eu une prise de conscience que le sol n’est pas extensible, prise de conscience que le problème soulevé, celui du trop grand nombre de résidences secondaires, en était bien un», explique Paul-Albert Clivaz, président de la Commission de coordination des communes du Haut-Plateau. Pour lui, si «le moratoire Cina a aidé», les deux choses ne sont pas liées: «Ici, nous ne sommes pas dans une problématique de vente aux étrangers. Pour nous, qu’un propriétaire de chalets soit Genevois ou Parisien ne joue aucun rôle. Ce qui nous importe, c’est un meilleur équilibre entre résidences principales et résidences secondaires, et que les gens du lieu trouvent encore à se loger.» Alain Viscolo, lui, annonce au contraire des jours «très durs pour le tourisme et le développement de la station».

Quant à Jean-Michel Cina, il se sent un peu moins seul et salue donc cette décision de Crans-Montana, venant «confirmer qu’il convient de viser un développement du tourisme plus durable, en particulier sur le plan économique. C’est une incitation, pour d’autres communes, à engager des démarches du même type.» Un nouveau règlement des constructions se prépare en effet du côté d’Anzère, ou encore de Verbier. Si même les Bagnards…

Source: Le Temps du jour sous la plume de Laurent Nicolet