Boom de l'immobilier en Valais, vu depuis Lausanne

A lire dans  Le Régional, journal gratuit distribué sur l’est de Lausanne et le Lavaux, un dossier sur le boom de l’immobilier, notamment en Valais: Facilités avec Easy Jet, abrogation imminente de la Lex Koller, mégas projets de l’aménagement des infrastructures et des constructions, l’immobilier alpin est en surchauffe. Il intéresse de plus en plus les investisseurs étranger. Face à la flambée des prix, les Suisses tirent la langue et semblent se retirer d’un marché en pleine expansion et plus que juteux!

A lire dans  Le Régional, journal gratuit distribué sur l’est de Lausanne et le Lavaux, un dossier sur le boom de l’immobilier, notamment en Valais: Facilités avec Easy Jet, abrogation imminente de la Lex Koller, mégas projets de l’aménagement des infrastructures et des constructions, l’immobilier alpin est en surchauffe. Il intéresse de plus en plus les investisseurs étranger. Face à la flambée des prix, les Suisses tirent la langue et semblent se retirer d’un marché en pleine expansion et plus que juteux!

Ci-dessous l’article en question

Le marché hivernal, une mine d’or

La Lex Koller, visant à réduire la vente aux étrangers, est en passe d’être abrogée tant par la Confédération que par les cantons. Et pour cause, le boom ahurissant du marché immobilier dans les stations est une affaire plus que juteuse. Les prix ont doublé dans certaines stations et, depuis deux ans, ne cessent de flamber. En prévision de cette ouverture des marchés, les investisseurs étrangers se ruent sur les objets immobiliers tandis que les Suisses ont peine à suivre dans cette flambée qui dépasse leurs moyens! En prévision de l’abrogation de la Lex Koller, qui devrait arriver plus tôt que prévu, soit déjà en 2007, les prix continuent à prendre l’ascenseur et les projets immobiliers et d’infrastructures touristiques se multiplient. Ça chauffe dans les stations et l’on y va à coup de millions pour attirer touristes et investisseurs étrangers.

Surchauffe!
Dans le cadre de la Semaine valaisanne à Moscou, en septembre dernier, M. Urs Zenhäusern, directeur de Valais Tourisme déclarait: «Le marché russe, traité par Valais Tourisme depuis 1998, est un marché à grande potentialité pour le tourisme valaisan.» Et pour cause, depuis cette période, il a augmenté de près de 400%. Surchauffe à Verbier, extension sur Nendaz, développement colossal à Zermatt et projets en cours à Champéry, les Alpes bougonnent de toutes parts.

Pourtant, dans son Plan directeur Cantonal de tourisme intégré, le Conseil d’Etat affirmait déjà en 1999 que l’on pouvait constater une «surchauffe du secteur de la construction de résidences secondaires» et encourageait à préserver le capital de base «paysage» afin que son équilibre ne soit pas menacé par cette surcharge et «l’éviction des autochtones du marché immobilier». Pour permettre l’évolution du tourisme en Valais, le Conseil d’Etat valaisan a pris position, en février 2006, pour l’abrogation de la Lex Koller en «tenant compte des avantages économiques des placements et investissements immobiliers étrangers».

La Suisse a un «Jet» de l’Europe
Il y a plusieurs phénomènes qui, s’ajoutant les uns aux autres, favorisent cette tendance aux investissements étrangers en Suisse. Tout d’abord les moyens de transport. «Avec Easy Jet, constate Christophe Longbottom, directeur de Chalet Champéry et Swiss Estate, à Champéry, les Anglais sont à 80 Frs de chez nous… et quelques heures. Et la Suisse bénéficie plus que jamais de sa réputation de qualité et de tranquillité». A cela viennent s’ajouter des taux hypothécaires nettement inférieurs à nos voisins (3% en Suisse contre 6% en Angleterre et 5% en France). Troisième élément déterminant et pour le moins surprenant, malgré une hausse importante des prix de l’immobilier, les objets restent plus avantageux en Suisse qu’en France par exemple.

A cela s’ajoutent les méga-projets qui sont en train de se réaliser un peu partout dans nos Alpes, annoncées à grands coups de publicité à l’étranger, et qui boostent un développement déjà bien amorcé. Enfin, on le sait, les grosses fortunes aiment à déposer leurs papiers en Valais pour bénéficier des avantages fiscaux non négligeables de ce canton qui ne prévoit pas d’imposition sur la succession en ligne directe, entre autres.Dernier élément déterminant, la baisse du franc suisse.

Mégas projets d’un sommet à l’autre
On croyait Verbier saturé. Il l’est, pourtant un méga projet, qui suscite de nombreuses et virulentes oppositions est en voie de développement. Télé Verbier, qui a investi plus de 270 millions depuis sa création tant dans l’immobilier que le transport, vient de vendre à un groupe de promoteurs des terrains pour plus de 30 millions sur le site de Médran. Le projet en question, à 130 millions, prévoit la construction de complexes hôteliers, appartements, galeries marchandes, etc. Pour Verbier, et selon Eric Balet, directeur de Télé Verbier, «c’est la déferlante. On dirait que les Anglais découvrent le Valais.»

Et si Verbier déborde quelque peu, c’est tant mieux pour Nendaz qui commence à en ressentir les bienfaits et qui connaît, elle aussi, un boom depuis deux ans. Bien que les prix restent nettement inférieurs à ceux de Verbier, ils avoisinent tout de même les 8’500 Frs au m2, contre 17’000 à Verbier mais sans finitions! Là encore, grâce à Easy Jet, la clientèle anglaise (vacanciers comme investisseurs) est en hausse alors que la présence des Suisses est d’à peine 20%. Plus italienne, Crans-Montana s’ouvre également depuis cette année aux anglophones qui cherchent d’autres stations que Verbier et Zermatt. «L’offre reste ouverte pour les appartements, mais la demande est telle que nous avons une liste d’attente pour les chalets», constate Véronique Colagioia-Wisard, directrice de l’agence Le Magazine Immobilier, à Crans-Montana.
Si Nendaz était assimilée à une station bas de gamme où l’on trouvait un 4 pièces pour 200’000 Frs., il faut aujourd’hui compter le double. Ici comme ailleurs, les appartements de luxe sont les plus prisés, si possible avec Wellness, piscine et finition haut de gamme pour des surfaces rarement inférieures à 120m2. «On va donc construire moins, mais mieux», précise Véronique Colagioia-Wisard

Une Tour Eiffel suisse
Autre projet d’envergure, Zermatt est en passe de construire sa «Tour Eiffel Suisse», et c’est une première au monde. Les remontées mécaniques de Zermatt projettent d’élever au sommet du Petit Cervin une pyramide de verre et d’acier avec une plateforme aérienne panoramique culminant à 4000 m d’altitude, soit 117 m au-dessus du véritable sommet (3883 m.d’alt.). La pyramide abritera des restaurants, un espace multimédia, des infrastructures et peut-être un hôtel pressurisé. Mais en attendant, 170 millions ont été injectés cet hiver afin de relier les domaines skiables du Gornergrat et du Matterhorn glacier paradise et d’offrir 2000 places de parking couvertes sur trois étages, un nouveau centre de services (cafétéria, boutiques, etc.) et un nouveau hall de gare. Il est désormais possible de charger ses bagages directement de la voiture sur l’un des 1000 chariots à bagages et de monter ainsi confortablement et de plain-pied dans les trains-navettes du Matterhorn Gotthard.

En dehors de la tourmente
Tout dépend toujours de ce que l’on recherche. Chic et choc, fiesta et luxe à Verbier, Zermatt, Saas-Fee ou Crans-Montana ou ambiances décontractées et plus typiques, familiales et moins onéreuses du côté des Portes du Soleil ou de Loèche-les-Bains.

«A Loèche, constate Berto Haenni, du bureau d’architecture Archpark, le renchérissement a été faible et l’on peut même dire que la demande a baissé pour arriver à 4000-6000 le m2. Depuis 5 ans, peu de nouveaux chalets ont été construits pour les vacanciers. Les objets qui ont été achetés il y a une vingtaine d’année sont en train d’être revendu par la 2e génération qui trouve moins d’intérêt à garder un lieu de vacances permanent.»

Bien que Champéry ait aussi ces grands projets (complexes sportifs et appartements), elle conserve son aura de station traditionnelles et familiale à des prix que l’on peut diviser par deux en regard des stars des Alpes. Pourtant ces 650 km de piste en font le plus grand domaine skiable international relié au monde. Les Français le savent bien et n’hésitent pas à passer la frontière pour acquérir des propriétés qui restent beaucoup plus attractives qu’à Courchevel ou Megève.

Ici, comme ailleurs dans les Alpes, constate Christophe Longbottom: «Investir est plutôt dans la culture des étrangers. En Suisse, on pense seulement aux vacances.»

Magaly Mavilia, in Le Régional du 13 décembre 2006