"Lettre à un ami"

Lu dans le courrier des lecteurs du Nouvelliste et du Journal de Sierre un intéressant billet de Gédéon Barras. Je vous le reproduis ci-après au cas où vous l’auriez manqué.

Lu dans le courrier des lecteurs du Nouvelliste et du Journal de Sierre un intéressant billet de Gédéon Barras. Je vous le reproduis ci-après au cas où vous l’auriez manqué.

« Fidèle à la promesse faite en son temps de relater notre entretien au sujet de l´avenir de notre Haut-Plateau, je voudrais au préalable faire un retour sur le passé récent qui a connu une prospérité que nous avons cru immuable.

Hélas, aujourd´hui que les affaires sont devenues plus ardues, la fâcheuse tendance à en reporter la cause sur les communes ou les offices du tourisme ou tout autre corps constitué est unemanière facile d´éluder les problèmes. Or, un examen de conscience objectif révèle de notre part, nombre de graves lacunes dans l´art de se fidéliser une clientèle de haut niveau écrivains, politiciens, artistes célèbres, etc.. Nous n´avons pas non plus su durant ces années prospères nous faire de nombreux amis fidèles.

Par nos divisions internes entre l´est et l´ouest, les villages et la station, notre manque de collégialité, par notre propension à nous croire les meilleurs, n´avons-nous pas perdu partiellement notre capital de sympathie et fait le jeu des stations concurrentes? En bref, peut-on affirmer que nous avons été de vrais professionnels du tourisme?

Mais revenons au présent et entrevoyons l´avenir. Ce qui frappe en premier lieu, c´est la prise de conscience par nos concitoyens et par nos autorités politiques en particulier, de l´importance du tourisme pour l´économie du pays. Il est à souhaiter que la future loi sur le tourisme prochainement mise en votation trouve grâce devant le peuple car un effort financier de tous les bénéficiaires du tourisme valaisan est indispensable pour promouvoir le Valais, canton à vocation prioritairement touristique, ne l´oublions pas.

Par ailleurs, il est réjouissant de constater un regain d´intérêt de notre jeunesse pour les divers emplois induits par le tourisme et en particulier par l´hôtellerie.

Cher ami, dans nos dernières entrevues, nous avons mis en évidence les atouts spécifiques dont est doté notre Haut-Plateau accès, climat, topographie, plans d´eau, golfs, ski, promenades, etc. Aujourd’hui, il convient d´ y ajouter la prochaine mise en service du tunnel du Lötschberg qui à n´en pas douter, amènera chez nous bon nombre d´Alémaniques avides de soleil et de belle nature.

Restent pour être au top, le problème des places de parc et de la circulation automobile dans la station, des pistes de ski aptes à recevoir des compétitions de haut niveau. De plus, le manque d´hôtels de toutes catégories se fait cruellement sentir. Il est grand temps que cette carence trouve une solution. L´hôtellerie classe une station et elle est créatrice de nombreux emplois. Heureusement, nos autorités en sont conscientes et s´activent à y remédier. Toutefois, il s´agit là non seulement d´un problème central qui implique l´engagement de l’Etat, des communes mais qui demande un effort sérieux de toute la population du Haut-Plateau.

Cher ami, tu le sais comme moi que l´avenir ne se construit pas en un jour; ce n´est pas une raison pour ne pas le façonner dès à présent.

Crois-moi, ton ami, Gédéon Barras, ancien président de la Société valaisanne des hôteliers »