Un gâteau financier très convoité

A lire dans l’édition du vendredi 6 octobre du journal Sixième Dimension:

Attiré par un marché séduisant, le groupe Julius Bär vient d’ouvrir une succursale dans la station. Sur les places financières, Crans-Montana figure fièrement aux côtés de Zurich, Genève, Londres ou New York.

A lire dans l’édition du vendredi 6 octobre du journal Sixième Dimension:

Attiré par un marché séduisant, le groupe Julius Bär vient d’ouvrir une succursale dans la station. Sur les places financières, Crans-Montana figure fièrement aux côtés de Zurich, Genève, Londres ou New York.

Depuis le mois d’août dernier, les établissements de private banking de Crans-Montana doivent désormais compter avec un nouveau venu: la banque Julius Bär vient d’ouvrir une succursale à la rue du Prado. Une vitrine promotionnelle pour le groupe qui a bien l’intention d’inaugurer prochainement d’autres bureaux dans des stations haut de gamme comme Verbier, par exemple. Alexandre Borgeat, directeur du nouvel établissement, affiche d’emblée son ambition: devenir rapidement l’une des trois principales banques de private banking de la station. __ Un marché attractif__

L’arrivée de Julius Bär étoffe une offre déjà riche: ING, Landolt, EFG pour n’en citer que quelques-uns, sans oublier les incontournables UBS et Credit Suisse. Mais qu’est-ce qui les attire donc toutes? «Crans-Montana est un lieu de villégiature de plus en plus apprécié par une clientèle richissime à la retraite qui cherche un endroit offrant une bonne qualité de vie», explique Alexandre Borgeat. A côté de ces clients alléchants venus essentiellement de France, d’Italie, du Benelux, d’Allemagne et d’Angleterre, les établissements n’oublient pas non plus la clientèle locale.

Certes, mais le gâteau financier ne devient-il pas peu à peu trop petit? Certainement pas, de l’avis d’Alexandre Borgeat: «Chaque année de nouvelles personnes s’installent dans la station: cela représente des fortunes de plusieurs dizaines de millions de francs». Pas besoin d’être expert de la finance pour déceler un marché très attirant. «Et ce « gâteau » se nourrit de lui-même pour devenir de plus en plus grand», se réjouit Jean-François Emery, directeur du Credit Suisse de Crans-Montana, qui dit apprécier cette nouvelle concurrence. «Les enseignes prestigieuses sont le reflet de la vitalité et du potentiel de la station. Leur multiplication attire de nouveaux clients».

__Relation privilégiée __ En station, le travail du gestionnaire de fortune n’est pas tout à fait le même que dans les villes: «Lorsqu’ils viennent nous voir, ils sont en vacances. L’état d’esprit est complètement différent, remarque Jean-François Emery. Nous prenons tout le temps nécessaire: nous discutons tout d’abord de leurs affaires puis passons parfois une heure à évoquer d’autres sujets. En ville, le même client est pressé et ne parle que business». Un contexte qui permet de construire une relation privilégiée. «Parler d’argent est quelque chose de très intime, confie Alexandre Borgeat. Il est important d’établir ce climat de confiance. Les clients apprécient d’avoir affaire durant des années à la même personne, ce qui n’est pas possible en ville où le tournus est important». Ici, le travail du gestionnaire ne s’arrête pas entre les quatre murs de sa banque: il met un point d’honneur à cocoler ses clients en l’emmenant à des lunchs, des soirées ou à de grands événements. «Depuis 20 ans, le Credit Suisse est sponsor principal de l’open-european masters de golf de Crans-Montana, ma vocation et mon tempérament est d’être un homme engagé dans la station», déclare Jean-François Emery. Ainsi, au-delà de l’aspect purement fiscal, c’est toute la station qui bénéficie par ricochet de la présence des banques.

Par Nathalie Getz