Crans-Montana: des projets dans l'incubateur

Monter dans le top 3 du classement des meilleures stations en Suisse: voilà l’objectif que doit garder en mémoire Crans-Montana. C’est ce qu’affirmait Paul-Alfred Mudry, président du comité directeur, lors de l’assemblée générale de CME jeudi 28 septembre dernier. CME? Ces trois initiales signifient Crans-Montana Exploitation, une association qui réunit les six communes pour exploiter, entretenir et développer les infrastructures touristiques et sportives dont la collectivité est propriétaire.

Monter dans le top 3 du classement des meilleures stations en Suisse: voilà l’objectif que doit garder en mémoire Crans-Montana. C’est ce qu’affirmait Paul-Alfred Mudry, président du comité directeur, lors de l’assemblée générale de CME jeudi 28 septembre dernier. CME? Ces trois initiales signifient Crans-Montana Exploitation, une association qui réunit les six communes pour exploiter, entretenir et développer les infrastructures touristiques et sportives dont la collectivité est propriétaire.

En 2004, le magazine CASH effectuait un classement des stations suisses en mettant sous la loupe tous les équipements, biens et services dont disposent les stations en hiver. Crans-Montana se retrouvait en 9e position… Pas folichon…

   «Crans-Montana se doit d’être sur le podium, nous en avons les moyens, tant sur le plan financier qu’en ressources humaines. Si nous mettons cet hiver les deux outils absolument indispensables à notre développement harmonieux, à savoir l’avenant au règlement des constructions et l’association des six communes de Crans-Montana, nous réussirons à recréer l’enthousiasme et l’innovation dont ce pays a tant besoin. La chance sourit aux audacieux!»

Par ces mots chargés d’espoir et de conviction, Paul-Alfred Mudry, nous amène à développer une réflexion sur la gouvernance de Crans-Montana.

Ceux qui ont suivi l’actualité à Crans-Montana cette année 2006 savent que deux projets sont dans l’incubateur: après avoir gelé momentanément le traitement de tous les dossiers de construction de résidences secondaires, une équipe a travaillé d’arrache-pied pour rédiger un règlement devant amener à une meilleure gestion du sol, cherchant à relancer l’économie touristique afin que tous les acteurs touristiques parviennent à vivre convenablement, durant toute l’année (ce qui n’est pas le cas pour le moment). En même temps, un autre groupe de travail a été mandaté pour proposer un nouveau mode de fonctionnement politique permettant d’améliorer la gestion du Haut-Plateau de Crans-Montana: il s’agit d’une association de communes. Ces deux projets de société sont à bout touchant. La population devrait être informée dans quelques semaines et appelée à se prononcer lors d’une votation.

En attendant de connaître le détail de ces outils auxquels les communes apportent en ce moment les derniers réglages, revenons à CME, cette association qui peut être considérée comme un laboratoire où percevoir ce que pourrait être la gouvernance de Crans-Montana.

Jeudi soir dernier, presque tous les conseillers communaux des six communes étaient présents à l’assemblée générale. Ce «détail» a son importance: en effet, il n’est pas loin le temps où les élus d’une commune à l’autre se connaissaient peu, voire pas du tout. Les présidents, eux, se voyaient régulièrement, au sein de la Commission de coordination des communes du Haut-Plateau. Ils s’y retrouvent d’ailleurs toujours, un mercredi sur deux. Les six présidents discutent, traitent et émettent des propositions sur les objets intercommunaux. Ils déblaient le terrain. Mais ils ne prennent aucune décision: chaque objet qui appelle une décision descend de la Maison du feu où se retrouvent la «Coordination», pour être ensuite amendé, validé (parfois refusé) par les six conseils municipaux. S’installe une gouvernance du yo-yo, les objets faisant des allers et retours jusqu’à l’abouttissement à un consensus.

Des tensions naissent parfois, des conseillers se sentant là simplement pour valider ce qui s’est dit dans la «chambre présidentielle». Se retrouvant dans «l’intimité» leur commune respective, les conseillers et leur président parlent entre eux d’enjeux intercommunaux. Cela s’est fait trop souvent sans enrichir le débat avec les élus voisins. C’est là que l’exemple du fonctionnement de cette législature est devenu intéressant, pour les mêmes raisons que l’assemblée de CME: de plus en plus, les six conseils communaux se retrouvent en plénum. Ils ont fait connaissance, ils ont pris l’habitude de discuter ensemble, tous, des enjeux de la région, des options à choisir, des décisions à prendre. Vendredi dernier, ils sont repartis avec mission de prendre une décision sur le budget de CME, et de choisir une option pour le futur manège de Crans-Montana. Les 30 élus ont rendez-vous dans quelques semaines pour un nouveau plénum et traiter plusieurs objets liés à Crans-Montana.

L’association des six communes pour gérer Crans-Montana? Mais elle est déjà en marche! La Commission de coordination a fait son temps, elle a montré ses limites. Il est temps d’institutionnaliser une nouvelle manière de travailler. L’association de droit public à buts multiples amènera un fonctionnement plus rationnel, plus démocratique, plus performant, un outil à la hauteur de ce qui est nécessaire pour une station dont la gestion ressemble à celle d’une petite ville. Afin de pouvoir décider rapidement et efficacement, afin de faire monter Crans-Montana sur le podium lors de la prochaine enquête du magazine économique CASH.